La gestion de l’identité numérique (ou e-réputation)
Avec l’explosion du web communautaire (blogs, wikis) et des réseaux sociaux (facebook, viadeo, twitter), les internautes sont de plus en plus amenés à publier de l’information directement. Malgré la sensation de ne fournir ces contenus à une faible quantité de personne, ceci se retrouve rapidement indexés par les moteurs de recherche et associés à notre nom. Ce phénomène va encore plus se renforcer avec les annonces récentes de facebook quant à l’ouverture des informations des membres à des sites partenaires. Cependant, peu de personnes se préoccupent, aujourd’hui, de savoir quelles informations sont rattachées à leur identité et publie sans penser aux conséquences. Hors, il est indéniable que la gestion de l’identité numérique (ou e-réputation) est en train de devenir un enjeu capital, notamment pour les marques mais également pour les « particuliers ». C’est d’ailleurs de monsieur et madame tout le monde dont je vais parler dans cet article. La gestion de l’image des marques fera l’objet d’un autre article.
Quelles types de traces laissons-nous ?
Il y a différentes façons pour nous de laisser des traces au cours d’une séance de surf sur Internet. Une petite visite sur facebook, et hop, j’écris mon humeur du jour, j’ajoute les photos de la soirée, je deviens fan de deux ou trois groupes. Je visite ensuite les blogs que je suis habituellement et j’y laisse quelques commentaires afin d’exprimer mon avis sur les sujets abordés. J’effectue des recherches sur Google en étant connecté à mon compte. Ensuite, je fais un tour sur mon jeu préféré online. Puis, je finis ma séance de surf en twittant pendant cinq minutes. Toutes ces actions qui semblent, aujourd’hui, banales sont en fait des actions qui contribuent à la construction de notre identité numérique. Toutes les petites bribes d’information que nous laissons sur chacun de ces sites peuvent être rassemblées afin de reconstruire la vie d’une personne.
Je prendrai comme exemple cet article paru sur le-tigre.net. Grâce aux différentes traces laissées tout au long de ses navigations sur le Web, ce magazine a réussi à reconstruire de manière impressionnante l’identité d’un internaute.
Pourquoi devons-nous faire attention ?
Toutes les explications données plus haut auraient tendance à laisser penser que je suis contre le Web communautaire. Ce n’est pas du tout le cas. Je trouve, d’ailleurs, ça très bien. Cependant, il faut rester attentif. Et surtout, ne jamais oublier que, sur Internet, tout est public! Les choix que vous faîtes aujourd’hui peuvent avoir une influence 10 ou 15 ans plus tard.
Comment gérer son identité ?
Heureusement, il y a encore la possibilité de contrôler les données qui circulent sur nous. Je vais essayer de vous énumérer quelques conseils de bases qui vous sauveront peut-être un jour la mise devant un patron, des amis, …
Créez vous votre propre site
Il est aujourd’hui très facile de se procurer un nom de domaine correspondant à votre identité et d’y héberger un site pour pas très cher (30€ environ par an). Profitez-en pour présenter du contenu positif, par exemple votre CV. Cela aura l’avantage d’être du contenu rédigé par vous et que vous pouvez maîtriser à n’importe quel moment. Si vous vous sentez l’âme d’un rédacteur, n’hésitez pas à bloguer sur un sujet qui vous passionne.
Vérifiez vos paramètres de confidentialités sur les réseaux sociaux
Sur la plupart des réseaux sociaux, il est encore possible de limiter l’accès à certaines de vos informations. N’hésitez donc pas à vérifier ces paramètres régulièrement, notamment lorsque les politiques de confidentialités du site en question sont mises à jour. J’ai pour principe de ne laisser visible à tout le monde que les informations qui ont un caractère professionnel. Je conseille également de ne pas accepter n’importe qui comme ami(e). Je vois régulièrement, notamment sur facebook, des personnes ayant 500 ami(e)s ou plus. J’ai de sérieux doutes quant au fait qu’ils les connaissent tous bien. Alors, avant d’accepter une invitation, posez-vous les bonnes questions :
- Est-ce que je connais bien cette personne ?
- Est-ce que je souhaite que cette personne ait un accès à toutes mes informations (âge, orientation politique, photos, …) ?
- Est-ce que, dans la vie réelle, j’aurais donné toutes ces informations à cette personne ?
- Est-elle digne de confiance ?
Si l’une de ces questions obtient une réponse négative, c’est sûrement qu’il n’y a pas de raison que vous acceptiez son invitation.
Ne pas changer de pseudo tous les deux jours
Essayez de choisir un pseudo qui vous permettra de commenter sur des blogs par exemple et auquel on peut éventuellement vous rattacher pour améliorer votre e-réputation.
Faire de la veille sur votre réputation en ligne
Avec des outils comme Google Alert, il est possible de pouvoir suivre ce qu’il se dit sur vous. Il suffit d’indiquer à Google les requêtes sur lesquelles vous souhaitez faire une veille et vous recevrez régulièrement des e-mails récapitulatifs de la situation.
Que faire lorsqu’il est déjà trop tard
Un jour, vous vous rendez compte que votre réputation sur le Web est déjà bien entachée. Si vous ne vous sentez pas capable de rétablir la situation par vous-même, il est alors possible de faire appel aux « nettoyeurs du Web« . De plus en plus de professionnel du Web se sont aperçus de la manne que représentait cette activité. Leurs clients sont souvent des marques, mais il arrive parfois que des particuliers fassent appel à leurs services.
Sans rentrer dans les détails, leur travail consiste à négocier pour retirer le contenu négatif vous concernant. Lorsqu’il n’est pas possible de le faire, ils créent alors un maximum de contenu positif optimisé. Cela va permettre de « noyer » les éléments négatifs en faisant remonter les positifs parmi les premiers résultats des moteurs de recherche. Cela nécessite évidemment de bonnes connaissances en référencement naturel. C’est pourquoi, des référenceurs professionnels font souvent parti de ces équipes de « nettoyage ».
Mais attention ! Se refaire une virginité sur le Web a un prix et il est souvent élevé. Il est donc préférable de faire attention dès le début pour éviter de devoir débourser beaucoup d’argent!
En résumé
Malgré ses airs plutôt inoffensifs, Internet peut devenir votre pire ennemi si vous n’y faites pas attention. Le Web et la vie réelle ne sont pas deux mondes si différent que ça. Ne faites pas sur le Web ce que vous ne feriez pas dans votre vie de tous les jours. Alors, prenez le temps de la réflexion avant de publier tout et n’importe quoi sur vous.


Je pense que ce qu’on peut réellement tirer en terme de business (il faut bien), c’est réellement le coté nettoyeur du Web. C’est un créneau où il est encore temps de se positionner je pense, et c’est un domaine qui m’intéresse. Avec d’autres moyens et sur Paris, j’aurais tenté ma chance.
Le potentiel est monstrueux, il reste encore de quoi l’exploiter je pense.
Très bon article sur la gestion de l’identité numérique.
Par contre, je suis beaucoup moins d’accord sur le paragraphe « que faire lorsqu’il est trop tard ». Vouloir supprimer toute trace d’une critique est une utopie, et il faut arrêter de croire que l’on peut tout contrôler sur Internet. Les nettoyeurs ne pourront jamais supprimer définitivement une critique (ne serait-ce qu’à cause des robots archiveurs comme waybackmachine), mais ils peuvent quand même la faire disparaître en 10ème page de Google.
Il vaut mieux savoir répondre avec brio, comme cette exemple de la société Sandro qui a su retourné en sa faveur un article très acerbe sur le marque : http://www.seomix.fr/webmarketing/gerer-critique-internet/
@keeg C’est en effet un métier qui semble avoir du potentiel en terme de prospects. Ca m’intéresse aussi mais je préfère continuer à me former pour me perfectionner en référencement naturel.
@Daniel C’est exactement ce que je dis. Il n’est pas toujours possible de retirer le contenu. On peut donc le « noyer » en produisant du contenu positif et en l’optimisant pour qu’il soit mieux référencé que le contenu négatif.
Bonjour,
Article très intéressant sur la réputation, voici un lien sur une affaire qui illustre bien le résumé de votre article « internet peut devenir votre pire ennemi si vous n’y faites pas attention » : l’affaire Nestlé
http://www.gratin-numerique.com/2010/03/28/241/
@Julie Nestlé est en effet l’exemple de ce qu’il ne faut pas faire. Une grosse erreur de leur part dans la gestion de leur communauté Web. L’e-réputation des marques fera l’objet d’un article prochain
Très bien j’attends avec impatience
Vraiment très bien, ce site…
Je viens de laisser un long post sur l’article Facebook (j’espère qu’il ne sera pas censuré ni détruit, mon expérience peut servir), et le fait que même une fois le compte détruit, ils gardent toutes les données nous concernant, et que sur tous les sites qui ont un lien avec FB, ils nous suivent, et que si vous cliquez, par exemple sur la petite main, la fenêtre FB/identification s’ouvre, et l’adresse mail que vous pensiez effacée avec le compte, est là, toujours là, même si vous décochez la case conserver l’activation. Quelle activation, quand il n’y a plus de compte. Donc l’identité numérique ne disparaît jamais, même une fois le compte détruit. Tout ce qui vous concerne est conservé et peut être réutilisé… Faites une recherche sur votre nom ou vos pseudos…
Juste un ajout :
Avez-vous remarqué sur certains sites ou blogs cette inscription : visiteurs 2, robots 3… (ou 5 et 10 !)
Il y a de l’avenir, oui, peut-être, pour les nettoyeurs du web… sur YT il y a déjà, expliqué clic par clic, comment enlever une video…
[...] avoir abordé la gestion de l’identité numérique d’une personne, voici un billet récapitulant 5 points importants pour gérer l’e-réputation d’une [...]
Très bon article également.
Un outil pas mal du tout pour voir où en est notre identité numérique est 123people.com qui analyse toutes les plateformes du web pour trouver à quels endroits nous sommes représentés et, par la suite, faire une synthèse de toutes les données personnelles que mr tout le monde peut récupérer sur nous à travers la toile.
[...] L’e-réputation (ou identité numérique), les blogs et les réseaux sociaux étaient au coeur de cycle. De plus en plus populaire, ces outils utilisés en webmarketing intéressent les entrepreneurs qui veulent attirer de nouveaux clients. Des conférences ont donc abordés les différentes façons d’utiliser un blog ou twitter pour communiquer avec les clients ou l’intérêt d’être présent sur les réseaux sociaux tels que Facebook, Viadeo ou LinkedIn. [...]